Et nos cœurs s’enrhumaient à l’ombre de l’église
Toi t’étais déplumé comme une alouette grise
Qu’on aurait torturée pour faire une chanson
Ce jour où tu n’es pas rentré à la maison
Dans ce pays humide comme une maladie
Ce silence gardé c’est la mélancolie
Et la tendresse assise le cul entre deux chaises
Des braves gens qui te voient te fondre dans la glaise
Sacré bonhomme t’es là je suis là faut faire avec
Mais on est pas du même côté de ce truc en bois
C’est toujours moi qui cause et toi qui n’entends pas
Mais redis moi que je suis un barbouillot de pain sec
Et si c’est pas souvent que tu prends la parole
C’est que t’attends comme un signe du maître d’école
Ou de ceux qui te font rentrer la tête dans les épaules
Le patron le curé puis le général de Gaulle
Ceux-là c’est des messieurs c’est vraiment du beau linge
Toi t’es pas de ce monde-là toi t’es de celui des singes
Alors fais tes grimaces déguise toi en dimanche
Moi je faisais semblant de croire que t’aurais ta revanche
Sacré bonhomme t’es là je suis là faut faire avec
Mais on est pas du même côté de ce truc en bois
C’est toujours moi qui cause et toi qui n’entends pas
Mais redis moi que je suis un barbouillot de pain sec
Je saurai jamais la fin de tes histoires de fou
La chaline sur le dos et ton enfance à genoux
Le bon dieu son paradis le bonheur pis toute la clique
C’est des machins qui t’ont fait marcher à la trique
Si tu m’entendais maintenant tu serais pas fier de moi
Mais y’a trop de gens qui disent que c’est bien mieux pour toi
Le mauvais vin est tiré ils s’en vont le trouver bon
Le soleil plie sa boutique moi je dirai plus ton nom
(à Gilbert Boutet)
Paroles : Michel Boutet
Musique : Gérard Delahaye
33t & CD "Aime toi"
© Les Editions de l’Aviateur, 1986