| La course des chevaux dans l’été qui attend Tu vagabondes accroché aux roues des charrettes Une musique à deux sous chante dans ta tête Les femmes qui répondent en lavant les draps blancs Ton père est en sueur jusque dans ses sourires Quand le dessert fleurit la table du dimanche La tendresse a chez toi le goût de la revanche On s’aime sans les mots qu’on ne saurait pas dire Et puis tu jettes en l’air Ta chanson buissonnière Tu cours avec ton frère dans le champ communal Ta mère n’a pas dit j’ai peur le fleuve est sourd Mais soyez revenus avant la fin du jour Vous mettez pas en nage ne rentrez pas trop sales Tu reviens de l’école et ton cartable est vide T’aurais voulu savoir les arbres et les couleurs T’as des silences bizarres on dirait que t’as peur En regardant le monde qui vieillit qui s’enride Et puis tu jettes en l’air Ta chanson buissonnière Trois gosses comédiens le spectacle est gratuit Tu as fait un théâtre d’une grange qui croule Inventant le décor et les mots et la foule Ça ne ressemble à rien ça ressemble à la vie Te reste la photo de quatre maisons grises Et tes cheveux fous et le vent d’Ouest et la pluie Ton frère ne parle plus son chien gueule pour lui Le reste c’est le temps qui l’emporte à sa guise Et puis qui jette en l’air Ta chanson buissonnière Paroles : Michel Boutet Musique : Bernard Haillant 33 t "Le sable est mouvant" CD "Chanson pour la loute" © Les Editions de l’Aviateur, 1978 |