| C’est un chêne qu’on appelait l’arbre aux grolles On y allait jouer des fois quand y’avait pas d’école Mais jamais le dimanche pour pas salir nos chaussures Il était dans le champ près du Chemin des Clôzures L’alsacien disait il faudrait qu’on l’abatte Avec ses branches qui tombent si bas qu’il faut faire Le détour chaque fois qu’on laboure ou qu’on sème Si on l’arrachait de là sûr qu’on se donnerait moins de peine Et là-bas c’est notre île ouverte aux quatre vents On joue avec mon frère mais je suis mauvais perdant Et quand c’est l’Amérique c’est lui qui fait l’indien Vieux frère t’as pas changé et moi je t’aime bien Mon père nous racontait la légende des loups assis Sous le chêne devant la Vierge toute la nuit du 15 août Il disait pour voir ça sûr que j’irais m’y pendre Si je me rappelais comment on fait un nœud coulant Dans ce pays de rien les nouvelles viennent toujours d’ailleurs Il y a longtemps qu’on a vu ces trains de malheur Les histoires de la guerre on n’en parle pas souvent Sauf le vieux Nibaudeau pour faire peur aux enfants Paroles et musique : Michel Boutet 33 t & CD "Chanson pour la loute" © Les Editions de l’Aviateur, 1981 |